J'ai fini par inventer un mot pour certains hommes que j'ai croisés dans les milieux BDSM. Le domisogyne n'est pas un dominant. C'est un misogyne qui a trouvé un costume plus séduisant.
Plus j’évolue dans l’univers du BDSM, plus je me rends compte qu’une confusion persiste. Une confusion tenace. Comme si la domination était une forme de supériorité. Comme si la soumission était la preuve d’une faiblesse ou d’une infériorité.
Et derrière cette confusion se cache parfois quelque chose de plus inquiétant encore : la conviction que le BDSM offrirait un espace légitime pour exprimer sa misogynie. Les hommes qui méprisent les femmes ont toujours existé. Certains découvrent simplement dans le BDSM un langage qui leur permet de présenter ce mépris sous des apparences plus acceptables. Comme s’il pouvait servir d’alibi.
Dans une relation BDSM saine, les rôles existent parce qu’ils sont choisis, désirés, et négociés. Ils ne disent rien de la valeur humaine de ceux qui les incarnent.
Le BDSM repose sur un paradoxe que beaucoup semble oublier : le pouvoir du dominant n’existe que parce qu’il lui est confié. Il ne le prend pas. Il le reçoit. Et ce qui est donné peut être retiré, ce qui est confié peut être repris.
On parle souvent de la soumise comme de celle qui obéit. Celle qui cède. Celle qui se plie aux désirs de l’autre. Mais cette vision est terriblement incomplète. Une soumise n’est pas simplement celle qui subit, elle est celle qui choisit de subir. La nuance est immense… personne ne lui arrache sa liberté, personne ne la lui confisque.
Si elle accepte de déposer une part de cette liberté entre les mains de son dominant, c’est parce qu’elle l’a décidé. Parce qu’elle le désire. Parce qu’elle lui fait confiance. Son abandon est un acte de volonté.
Je crois même que beaucoup de personnes extérieures au BDSM ne réalisent pas à quel point la soumise détient, elle aussi, une forme de pouvoir.
Car derrière une soumise qui s’abandonne, il n’y a pas une femme faible et fragile. Il y a une femme qui choisit. Une femme qui fixe ses limites. Une femme qui accorde sa confiance. Ce n’est pas de la soumission à la misogynie. C’est l’exercice d’une liberté.
Sans cette confiance, sans ce consentement, sans cette volonté mutuelle, il ne reste rien. La domination n’existe que dans la rencontre de deux désirs. Celui qui souhaite guider, et celui qui choisit de l’être.
La haine des femmes n’est pas un kink. Le sexisme n’est pas une dynamique BDSM. Et le respect n’est pas incompatible avec la domination, il en est la condition essentielle.
Certains hommes sont moins amoureux de la domination qu’ils ne le sont de leur propre reflet dans les yeux de leurs soumises. Ils ne cherchent pas la connexion mais uniquement l’admiration. Ils ne veulent pas une partenaire mais un miroir. La soumise cesse alors d’être une personne avec ses désirs, ses limites et sa complexité. Elle devient un accessoire destiné à nourrir leur sentiments d’impuissance.
Tout tourne autour de leur statut, de leur autorité, de leur réputation, de leur prestige. Le dominant devient alors dépendant du regard qu’on porte sur lui.
Mais la domination véritable exige une qualité que le narcissisme possède rarement : l’écoute.
Un dominant digne de ce nom passe autant de temps à écouter et à comprendre sa partenaire qu’à la guider. Il connaît ses limites, ses peurs, ses désirs, ses fragilités. Il sait que la confiance est infiniment plus précieuse que l’obéissance.
Un homme qui a besoin de croire qu’une femme lui est inférieure pour se sentir dominant ne comprend probablement rien à la domination. C’est simplement un homme qui a confondu pouvoir et privilège.
Une soumise qui ne cessera jamais de choisir. 🖤
Quelle belle définition du "domisogyne", elle est percutante et tellement juste. Et cette façon de rappeler que la soumise choisit, qu’elle détient un pouvoir réel dans l’abandon, et que la confiance est au cœur de tout… c’est magnifiquement dit. Tu réhabilites la profondeur et la beauté de la dynamique D/s tout en dénonçant ce qui la salit.
👤●●●●●24/05/2026 23:48
Un grand merci pour ton commentaire 🖤
👤●●●●●25/05/2026 13:10
Peut-être que c'est aussi une différence entre maître et dominant. Le maître connaît ce respect, cette confiance, ce don que la soumise peux lui offrir, le dominant est plus bestial et pense à son plaisir. (Plus néophyte de pratique et relation)
👤●●●●●26/05/2026 00:24
Sourire
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Quelle belle définition du "domisogyne", elle est percutante et tellement juste. Et cette façon de rappeler que la soumise choisit, qu’elle détient un pouvoir réel dans l’abandon, et que la confiance est au cœur de tout… c’est magnifiquement dit. Tu réhabilites la profondeur et la beauté de la dynamique D/s tout en dénonçant ce qui la salit.
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Peut-être que c'est aussi une différence entre maître et dominant. Le maître connaît ce respect, cette confiance, ce don que la soumise peux lui offrir, le dominant est plus bestial et pense à son plaisir. (Plus néophyte de pratique et relation)
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